La tarification des découverts
La tarification des découverts reste opaque et les agios sont quelques fois exorbitants
Avec la crise la fréquence des accidents de trésorerie ayant fortement augmenté, les frais occasionnés par les découverts bancaires (ou les dépassements de plafond pour ceux qui disposent d’une autorisation) sont devenus une véritable manne pour les banques. C'estt un piège terrible pour ceux qui n’y prennent garde. Car connaître avec précison le montant exact de ces frais relève souvent de l’exploit.
Le Crédit agricole Centre Loire et celui de Champagne-Bourgogne ne les évoquent même pas dans leurs brochures. Dans d’autres établissements bancaires, les explications sont incompréhensibles. Allez savoir à quoi correspond un taux d’agios égal au «taux effectif moyen visé à l’article L. 313.3 du Code de la consommation, augmenté d’un tiers», comme on peut le lire un peu partout… Renseignements pris, le calcul donne 20,92% par an ! On comprend mieux la discrétion des banquiers… L’addition est encore plus salée si l’on prend en compte les «frais d’intervention» attachés au service, sur lesquels les établissements sont tout aussi muets.
Commission «de forçage» ou «d’anomalie», pénalités d’immobilisation, frais de dépassement… La liste des ponctions supplémentaires est longue, et fait très vite gonfler la note, comme le prouve le cas de la Banque populaire de Franche-Comté. En plus des agios habituels, cet établissement facture un forfait de 13 euros pour tout découvert inférieur à 381 euros, auquel s’ajoutent un prélèvement égal à 25% des intérêts débiteurs et une commission de dépassement de 3%… Vu ce que le moindre défaut de trésorerie lui rapporte, votre chargé de compte ne risque pas de vous avertir quand vous naviguez dans la zone rouge. «On m’a siphonné 47,50 euros de frais pour une semaine de découvert, alors qu’il aurait suffi d’un virement de mon Livret A pour régler le problème !», s’indigne un client des Caisses d’épargne.
La parade :
Le mieux est d’essayer de faire relever le plafond du découvert autorisé, sachant que les banquiers n’acceptent d’accorder plus d’un mois de salaire qu’aux très bons clients. Pour un découvert exceptionnel, tentez d’obtenir un geste commercial : après deux courriers de réclamation, un client du Crédit du Nord a vu ses frais ramenés de 5 000 à 3 500 euros. Sachez aussi que, selon l’article 312-1-1 du Code monétaire et financier, les frais pour rejets de chèques inférieurs à 50 euros ne doivent pas excéder 30 euros (50 euros pour des montants supérieurs) et sont plafonnés à 20 euros pour un rejet de prélèvement.
Caroline Racapé
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Mis à jour (Mardi, 22 Novembre 2011 17:51)









